Les insonorités mutines

immo2018

Au passé couturé croulant tout ardent de sentiments,
Aux divulsions ravivées par d’étranges tremblements,
Voyez comme l’être est délié, fleurdelisé, pulvérulent,
Qu’il se meut, ondoyant, qu’il se meurt, constant.

Ressentez-vous cette polyphonie au long grondement ? Qu’elle s’invétère par l’entremise de vos organes, de vos synapses, à pas comptés, qu’elle fomente, impérieuse radieuse, dans la substance de vos pensées.. La voix intérieure comme dernier parapet, glacis intime, livrée au calvaire des insonorités mutines.. Qu’il faut engager, cheminer, dire, se dédire, croire, mécroire.. implosion en éclats vacillants, battements tumultueux du doute pétéradant..
Qu’on se sent irroration, dissipation, qu’au moindre infime sens, on s’emploie à enclore la terreur, agonie recluse que l’on se figure expirante.. Cette affectuosité du mouvement, lueur filante, drapant la sombreur du néant..
Que ça suinte de toute part, cacochymie clairvoyante..

Il se pris d’affection pour ses rudoiements nuiteux, heurtant la plume à son feuillet tacheté pour se forlancer. Il se plaisait à déconstruire ce monceau d’humeurs empoicrées pour mieux les ordonner. Les virgules en fait de soupirs, il attisait ses pensées par l’agrippement de ses doigts. Chaque phrase était un miroir, chaque feuillet, un soupirail. Les mots étaient siens dans l’inconnu, sortes d’empreintes apprivoisées qu’il charriait par tombereaux croissants. Etait-ce une inclination pour la chose poétique ? Se plaire à coudre les lettres en petite musique ? La sueur battante semblait indiquer une force piquante à l’ouvrage. Les heures perdues n’étaient plus un exode du temps mais une mesure graduelle le portant à son dernier mot. Chacun d’eux lui apparaissait vivant, sémillant.. S’associant d’instinct par coteries décidées, emplissant ainsi les insonorités..

On anatomise,
On hasarde,
On se commet,
Où est le mal ?
Si ce n’est la vie.

jeremy
20/10/2018
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