Gigantesquement fulgurants

immo834

Rivage traînant du décombre désolé, inapaisé,
Où les humeurs lancinantes déferlent par échappées,
Où la vase molle ondule, englue, dévore,
Où l’on se goûte réduit, contrit, comme mort,
Les flots y sont cahoteux, tapants, trémulants,
L’on s’y meut tout muscles bandés, les yeux déplissés,
Les jours y luisent comme les nuits, dans un silence établi,
Cette sensation de chute diffuse, qui dévide, qui émétise,
Cette noirceur qui transparaît puis se dissipe dans le plaisir,
Le décor formidable de cette fixité chaotique,
Ces lambeaux brûlants, décanteurs de passés flétris,
Ces souvenances ignescentes qui vous liquéfient,
Confiant vos doutes au regard désorienté de l’éparpillement,
Vous parant d’iraison au triomphe tout gonflant..

A la recherche du rivage d’autrui pour aboucher les chairs,
Se faire accroire par les effets allégeants du masque,
Que nos terreurs échevelées ne sont que passagères,
Que l’obscurité intime est inintelligible, tumulte spectral,
Qu’il faut frayer sans s’effrayer, abolir son armada,
Qu’il faut refleurir, même tortueusement, remuer dans le vivant,
Soupeser de nos mains émues et transportées le poids du temps,
Nous abandonner à pas comptés dans le délice de sa fugacité,
A se pâmer, à se dissoudre, tant que nous susurre la sublimité..
des mots tremblants, crêpelés.. mais,
Gigantesquement fulgurants..

jeremy
08/11/2018