Ô Politicus

d17r6ku-4c2842ed-2484-4f85-8a61-350f9413b94f

Ô Politicus,
Le clystère est sanieux, baveux, prospecte la moindre servitude dans des cavités que vous pensez incroyables. Par des tentatives tremblées, empoignant nos reins, vous triomphez de chaque écran organique. Veillant à perpétuer l’équilibre pour que le rien trouve toujours une chose à perdre.. Fixant son regard apprivoisé, son corps chancelant, sa fragilité saisissante à vous accueillir.. Aperietur vobis.. jusqu’aux puissantes profondeurs de la dignité.. où la chair se trouve un intérêt.. où le murmure de la masse s’espère encore saisissable..
Ce qui portait l’essence de la grandeur de l’altruisme finit en roueries glaireuses bonnes à dilacérer l’espoir qui palpitait.

Dans l’urgence béante, aux premières lueurs de dissidence, l’état de droit.. la république est hissée en personnification, elle devient dès lors “éplorée“.. Il convient de la garantir, de trépider toute chair désordonnée à l’évocation capiteuse de notre “liberté“. La garde est coléreuse, affairée, châtie ses sujets par mesure de “protection“. La résilience est pointée d’un doigt couronné comme la pire incitation, le furieux outrage. Par le jeu des culpabilités marginales et d’un péril aux acteurs localisés, la nation déconsidère une partie de ses éléments, se fend en unions discordantes et offrent aux ravisseurs un lendemain nimbé.
L’organe judiciaire, déplié et bourdonnant, délivre son délivre bicéphale en condamnant confusément le délit nuisible et le cri instinctuel de l’insoumission.
L’ordre se rétablit silencieusement, se nourrit de chairs égrotantes, leur fait accroire qu’il s’agit d’un dénouement à leur avantage. La réitération est coordonnée, muselée et n’accepte qu’un léger bruissement, la réaffirmation discrète d’une liberté qu’on ne possède finalement pas..

La république ne doit pas être le phénomène de votre triomphe, de votre valeur, c’est un cautionnement par lequel vos voix doivent témoigner des nôtres..
Continuez à la considérer comme une giclée pécuniaire, à entendre sans écouter, à nous défier repliés sous votre chape d’élégants régents.
Continuez à sustenter la division, à nous prescrire la soumission comme le remède de virus que vous avez sciemment inoculés.. pour l’intérêt d’une rigoureuse poignée.
Enfin, continuez à couvrir vos erreurs, à brandir le spectre des extrêmes, petit expédient acéré, à nourrir vos acolytes, vos partis et vous liguer pour mettre en sûreté votre bacchanale politique.
L’insouci, l’incurie, la vilénie, l’égotisme ruissellent de vos manières.. vos discours choisis se fissurent par des actes et des bévues qui précipitent l’apparence..
Ce que vous désignez comme groupuscules “ombreux” et “politisés” est de plus en plus vaste, c’est la chair enragée, la chancissure qui s’étend au coeur du peuple.

La foule engourdie et sublimée par le vertige du “vote” s’amasse en nombre déclinant. Seuls comptes les prête-noms établis, le blanc est néant, flatuosité abjecte qui répandrait l’atrophie, vous comprenez. Place est faite au glorieux, sa cour intéressée et ses investisseurs impérieux.
Serait-il conformé en vertu, l’Europe et sa trame formidable..

Le RIEN édenté n’est autre que notre moelle molle et fatiguée sur laquelle vous assurez votre morgue, pourvu qu’on y perde à vous refréner. Au moindre interstice, au plus infime pertuis où le chaos ne serait pire Odyssée..
La sentence sera massive..

L’histoire l’a toujours démontré, la fureur du nombre finit toujours par jaillir..
Lisbonne et l’infinitude de vos compromissions, la compotée bout..

En 1793, l’article 33 de la déclaration des Droits de l’homme :
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.»

Loi n° 92-686 du 22 juillet 1992
Version consolidée au 27 novembre 2018
Article 412-3
« Constitue un mouvement insurrectionnel toute violence collective (Immo : avez-vous déterminer le seuil à partir duquel le collectif devient peuple ?) de nature à mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité du territoire national.»

Ce glissement juridique demeure soutenable dans une structure politique légitime.
Dans ce cadre strict, à la discrétion du seul peuple.

Vous souhaitez rétablir la confiance ? Sans revenir à l’émanation originelle, il faudrait fortement vous en inspirer.

Émanation originelle de la démocratie qui limite la professionnalisation, l’intérêt propre et la collusion :

  • La Boulé : 500 citoyens qui se changent par groupe de 50 tous les mois. (l’examen de la dokimasie permettait de valider la capacité du citoyen à remplir sa fonction : âge, serment, cumul incompatible, exercice préalable de la même charge interdite ou ayant fait l’objet d’atimie, une privation des droits civiques).
  • Le misthos : une faible rémunération.

Conditions auxquelles j’ajoute une dernière :

  • Un conseil de citoyens (important) chargé d’examiner les moyens mis en oeuvre par un gouvernant et l’ensemble des politiciens pour respecter leurs engagements solennels.
    En présence de dissonances, et sauf à objecter des écueils tangibles, réclusion.
    -> La peine pécuniaire peut faire l’objet d’un soutien externe qui pourrait avoir obtenu cette somme par les gains de décisions politiques.
    -> La peine d’inéligibilité ne freine pas l’obtention indue d’un travail par la suite pour “service rendu”.
    Seule la réclusion entraîne une détresse que nulle collusion ne peut prétendre éteindre totalement, quand bien même une somme serait allouée à l’entourage ou promise à l’avenir.

Ces seules conditions, à l’échelle nationale puis européenne, dans l’idéal, permettent de croire en la volonté démocratique du politicien. Elles limitent ses velléités et le protègent de la vindicte qui se dessine..
Les énarques peuvent feindre l’hébétement, l’engrenage de leur arcane devient ostensible.

jeremy
26/11/2018
Photo