Je vous sais lointains

adieu

Il est donc bien arrivé, ce temps qui toujours vous drosse vers mes ruines.. Vous voilà acheminés au loin bien loin face à mes yeux tout hasardés.. Cette douleur auguste qui frétille s’éparpille projette lentement vos lueurs sur l’arabesque spleenétique de mes souvenirs.. Ce sépulcre nerveux qui nous raffermit autant qu’il nous détruit.. Ce roc d’hier qui s’ameublit et se laisse fissurer par l’amère sève.. Vos voix fusent, brusques, furieuses, rivalisent avec la lumière.. j’vois bien trop le but trop vu trop rabâché, basculer dans mes ténèbres, barioler mon style, le rendre fibreux et bien convulsif.. Tout ramené tout réuni dans la chaleur évanescente d’une acuité augurale, dans ces parts d’étoiles et leur branle émotif.. Ce qui était coulant, gracieux, répété, se trouve engoncé dans une sinuosité.. cahoteuse fangeuse rétrécie ! c’est l’interversion, l’altération pis la grande dissipation !! En bombillements claquants, calfatés, ténus, épars petits perdus, brisures qui se dépoliront toujours un peu plus dans la pesanteur des jours ininterrompus.. Ce qui était bigarré, affolé, inhérent à la conformation de tes sourires, se recherche dorénavant en inventoriant les lambeaux de ta vie.. par cette impulsion de l’esprit toute particulière.. Où tu démêles, calibres, écrèmes, à la recherche de l’infime particule qui était autrefois une matière fort entière.. Te vl’a reniflant les rivages indolores, petit abcès ridicule, couvert de ces restes qui restent encore établis.. qui s’emploient alors comme des brisants dans ta brisée à la dérive.. Et toi, toi, déchu, démuni, entraîné de tout ton mal dans cette coulure.. dont les clapotis semblent traduire les râles qui t’échappent dorénavant sans t’avertir.. C’est ta désolation ! Paniquée, désorientée, parcourue par cette escadre d’ombres qui ne sera bientôt plus, quand elle t’aura consumé.. Vois comme ils t’effleurent, comme ils effulgent encore ! Corolles aux odeurs enivrantes bientôt acides et contaminées ! Qu’on inhale avec force pour ne pas les sentir se dérober.. Tu t’étales, tu te distends, tu te laisses étourdir par cet égarement de la raison, où leurs choix se composent sur l’ordre de tes frissons.. Embrumé, embué, rien ne se discerne, tout peut arriver…

 

jeremy