Ballet dans l’abîme

Immooooooo
Comme les jours passent et se bousculent, vos voix providentielles que j’hèle et qui se ruent, ces heures amènes où l’éruption de mes calvaires suffoque et puis se mure..

Sans vous…

Je claudique, je vomis, serti de peurs, d’images sinistres, écroué dans une nuit bien épaisse et trop excessive… nerveuse, stridulée, constellée d’astres odieux qui délivrent l’exaltation de ses yeux, tapissée de lueurs fécondes qui fulminent en souvenirs..
L’ignoble sensation d’avoir été aboli, d’empoigner le déni et ne pouvoir le retenir.. J’ai le cœur qui râle en pensant à sa vie, les veines qui faiblissent appauvries de ce souffle qui me fuit, la peau qui grésille sur ce corps en ruine, pis la voix qui porte cette confusion inouïe.. où les doutes s’exaltent et embrasent l’esprit.. où rien ne fait sens et tout sonne logique.. L’honneur s’étend, se déplie, vrille et fond dans le vide.. Mon ego s’agite et transpire.. Ma confiance se recherche en infime bribe.. Mon corps ploie et s’oublie.. Déclivité subite subie enforcit par ses rires que je devine et qui me saisissent, ses gestes lascifs qui le soufflent dans l’oubli, son regard suprême qui livre son cœur à la vie, leurs ébats, leurs éclats, la cataracte de l’émoi, diluant les humeurs de la tentation qui éclatent dans l’entremêlement de leurs chairs, suantes, exténuées, sautant dans l’infernale géométrie, où les postures naturelles s’évanouissent, où les confluents grandissent par le vice, où chaque geste accouve un peu plus la délivrance capricieuse aux éclairs chimiques..
Ce ballet dans l’abîme au décor intime, fibreux, fébrile, qui s’anime sur mon visage, me piège par des regrets, m’enserre d’une pression contrite, m’intime ces images interdites, me dicte les réalités qui pourraient advenir.. et me fait maudire ses nuits, où l’intimité fait fief du délice, où mon regard s’estompe petit à petit dans l’écho lointain du souvenir..

Seraient-ce les arcanes sinistres de l’amour qui mithridatisent ? Cette douleur si vive qu’elle s’engourdit, quand les nerfs se tendent, bruissent, et finissent étourdis ?

jeremy