Les mots se hâtent

immo-01-10-2020

Que la chute est verticale, abrupte, palpable.. Que les mots sont éruptifs quand ils s’adjoignent aux maux avec leur suc pâle, pur et délicat.. Comme le passé acère mon supplice par la coulure syllabique, cette agonie en rimes putrides, et ta voix.. toute pleine et terrible.. comme je l’implore dans le silence livide de mes nuits, de l’étiage à l’acmé, jusqu’à la douleur des pleurs qui s’amenuisent et se compriment dans la rétine..
– C….E –, j’attends l’heure où le délice de ton écho cessera ses lents replis.. où je ferai abjuration de cet espoir qui me détruit, prémices de joies qui pourront prétendre à la vie..

Bien des soirs l’encre regorge et m’endolorit, disperse mes râles sous un temps qui n’a plus d’emprise, lent et agressif, qui m’engouffre et me réduit.. au souffle violent.. et productif.. alluvions de mots qui se brisent et m’étalent ardent sur le corps gisant de nos souvenirs.. Ils crient, pleurent, il me faut les pourvoir à chaque nuit de cette cuirasse de l’écrit.. qui abat la larme au vol et fait pleuvoir ce qui m’envenime..

– C….E –, les mots se hâtent à l’heure de minuit, saillissent et pis m’évident.. C’est dans leur douleur que j’éprouve dès lors une pluie de plaisir.. je me trahis, j’allègue le passé comme un sort infaillible.. qui me suit, qui me poursuit..

Et si de la joie j’extrais des tremblements, c’est de l’instant consommé sans bel effet, qui rassemble l’air et s’essouffle entre les dents..

jeremy