A la commissure des râles

ralesJusqu’à ce que le souvenir nous sépare..
Au bout de son ultime écho, hâve..
A la catastrophe du rêve, lorsque la peine ravine l’espoir..
Et qu’une autre ne tapisse l’univers qui palpite en moi..

Voyez-moi, isolé dans l’impalpable, précipice mental où la force se veut intime et les réponses illusoires.. Retenu dans cet enfer formidable où la folie est une mesure respectable.. et les cris, esseulés, finissent lamentables..
Appel implacable de la fuite, impériosité de la lueur plongeant sa chair spectrale dans le noir.. Quand la sueur se charge de sang et ne s’arrête pas… Peine alliciante à l’affusion de choix.. Que l’ivresse est palpable.. suspendu à soi-même..
A la commissure des râles, quand le vide se dévoile et que la pensée s’emballe.. brinquebalant les émotions en un babil infernal..

Voyez, quand tout nous échappe et que le plaisir en tire sa substantifique joie.. Quand l’avenir semble creux et qu’il s’emplit de larmes..
Pis quand la terreur est si subite et subie qu’elle s’installe en moi, parant à toute résistance.. absorbant ma haine délicate, s’écoulant lentement dans le croyable.. Voyez comme le drame apparaît à l’instant précisé où la douleur se sait statuée et qu’elle nous convie dans ses bras… étreinte solitaire aux effluves ferrugineuses des grandes fins.. Yeux battus, me chêmant par lambeaux entiers, chartre délirante aux veines révélées comme excitées, comme la vie rend son goût particulier quand le corps redevient son unique objet..

Laissez-moi divulguer ma peur dans l’alcôve de vos yeux,
Mes mots timides, apeurés, reconnaissants..

jeremy
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