Toi.. l'inconnu..

inconnu

Toi.. l’inconnu.. j’avise, je tranche dans le vif : te v’là plongé dans un vulnéraire ! le mien.. glacé ahuri recélant mes pires nuits.. la sueur de mes peurs.. la bile exécrable confondue à ces espoirs abolis.. aux râles immortels.. cet anachorète épouvantable aux veines vagissantes ! damnation.. damnation.. l’écho sybillin dont la présence me glace.. damnation.. damnation.. transporte mes mains dans un accès d’angoisse !.. sanglé aux mots aux affres à la nuit.. hideuse bête aux sanglots maudits.. ici y’a pas d’octroi. Amphigouris, larmes, cris..et un peu de moi.. pis cette torréfaction pis cette odeur : ma peau brûlée..ce qui touche un homme, c’est pas les mots, ni les couleurs.. ni les bruits, ni les images.. c’est les odeurs ! vois..tes vomissements en sont garnis.. Immortel.. car promis à l’enfer..perclus dans ses pensées impures! ..l’inconnu.. qui me soumet à la tentation.. et m’enterre vivant dans le mal.. poussant mes immondes doigts à laisser filer ces mondes, mes mondes ! faits de mots.. gluants.. affolants.. qui finissent en des babils.. terrifiants.. Louis.. Faust, lui qui disait “mes chants ont beau parler à une foule inconnue; Ses applaudissements ne me sont qu’un vain bruit; Et sur moi, si la joie est parfois descendue; Elle me semblait errer sur un monde détruit”.. que me veulent-ils ?obsession..hantise..orgasme….. ô mânes effroyables douteuses tentatrices au coeur d’airain!..déférence impitoyable.. tu chiales.. accroupi dans le noir.. sentant ces miasmes parcourir le son nécrosé de tes larmes.. Immortel.. dont les veines charroient le mensonge.. mortel.. en quittant ses songes..hâves et geignards.. toi..l’inconnu scrutateur.. plongeant ces yeux dans les phrases visqueuses de mon coeur.. ici, pas de cicérone.. des perfusions de chuchotements..de la peur transbahutée entre différents gémissements.. de l’espoir.. de l’écriture.. de l’illusoire.. fief de mes phalanges.. qui crient ! cassent ! assèchent ! altèrent ! broient ! putain!! font de mes tempes des caissons.. et ces yeux.. se la bouclent en ces oraisons.. damnation.. damnation…magma d’avatars, arpions vacillant molissant d’autor.. et ces nuits magnifiques, mutines, garrottées, haletantes, branlantes.. sur lesquelles s’appuie cet empire.. insomnies extatiques imbibées de terreur.. me voici ligoté à toi.. lecteur.. ici ça graillonne, ça tonne.. escadrille de mots servie sur sa mélodie pâmée..où les peurs s’empoisonnent.. et languissent sur du papier.. gouailleurs! anathématisés! crottés enfifrés! bacilles! votre présence… tapis dans le creux de mes nuits gangrénées.. à vos marques..prêts.. sautez ! agrippant ma peau, mes os.. arrachant de mes yeux d’immondes envies.. criant! sifflant! maugréant! à qui le veut, que mes sales taches, meurtrissures, fracassant mes feuilles.. asphyxiées.. feraient bien de rester dans leur tiroir, bien enfermées.. comme un secret déguelasse; un orgasme inavouable et son lot d’images poisseuses.. qu’on ensevelit.. avec des mains cahotantes.. alimentées par un sang nourri au péché.. qui finit par atteindre la membrure.. l’orage lacrymal se profile.. les mots deviennent des balles.. et ta plume larmoie! hoquette! convulse!! et libère de sa sale imbibition des flots assourdissants de tohu-bohu.. tapages immondes qui inondent tes yeux.. cher lecteur.. avant que je ne te perde, avant que tu ne sois livré corps et âme à mon enfer, te v’là en présence de mes tripes, de mes veines, de ce qui m’habite.. de ces cauchemars qui s’invitent et se glissent dans ces cahiers.. de ces nuits alarmantes qui voient mes doigts bouleversés gesticuler! tanguer! se dépraver jusqu’à l’écoeurement.. et laisser sur un corps éreinté ce tertre de pages barbouillées, ma géhenne couchée.. immobile.. ne bougez-pas.. pas un bruit! vous risqueriez de la réveiller.. ces doigts consumés méritent leur accalmie.. le crépuscule achève la nuit.. ces bourrades, ce corps las et enfiévré.. ces doigts racornis.. comme autant de sceaux de ces insomnies.. ces yeux métallisés par des salves ineffables! macabres! térébrantes! laissant s’assécher le bonheur.. seul.. entre ces doigts bouillonnants.. cher lecteur, si j’avise par cette trop sombre impétuosité, c’est que l’enfer érode.. gangrène.. aspire.. affouille.. sécrète de la berlue à la volée ! chafouine.. se carapatant dans tes veines harassées.. qui gueulent.. sifflent.. et finissent par t’abandonner.. Vous, et vos yeux inoculés par les supplications de mes mots apeurés, bâfreurs ! Vous Moi embarqués dans l’embrun épouvantable.. trouble.. l’empire des râles.. injectant dans ce corps nauséeux de troublantes visions, des cris au sale goût de graillon.. tu suffoques.. t’agrippes.. écarquilles les yeux.. tombes à genoux.. inhumé dans cette tourbe de malheur..qui toise, toise tes mots purulents.. pis qui tance, rosse et inonde tes cris déchirants. Enfin, j’veux pas vous effrayer… j’tiens à vous faire passer un bon moment.. avec mon odieuse poésie, comme j’aime la nommer.

jeremy
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