Regarde !

immo-departRegarde ! Derrière.. cette page perlière de belles voix.. ce passage, ce brassage, ce brochage, regarde le festival, c’était de l’espoir.. fait de vagues, de lumière, du frêle roulis de ma joie ! J’oublierai pas, moi, la largesse des promesses qui me poussèrent jusqu’à toi, mes mains muettes parmi tes doigts, dix caresses pour une seule fois ! Regarde, regarde, c’est un voyage – d’Eiffel à Bretagne – du dix ans d’âge ! La terre qui se déploie sous notre émoi, tu te rappelles, dis-moi ? Chauvry Pommeray l’Erdre Versailles Bouffay, toutes ces fois ? Ces lettres que l’on s’écrivait du bout du regard, l’alphabet en fête, qui tournoie, dissèque et fit naître cet autre moi, tu les conserves, dis-moi ? C’est de la source de voix – fine belle lourde et rare – tu sais, qui s’observe sous les larmes.. Regarde ! Regarde ! Ces villes inertes sous notre poids, ces foules sourdes solennelles dissoutes par nos deux pas, regarde, la vie s’émiette, passe du vaste au mémorable.. vague et voilé dans le noir immortel, tu sais, froid et délicat.. Notre nuit s’achève et je puise ce miel céleste une dernière fois, la nouvelle est là, plaquée collée à ses grillages.. puis cédée dans le pire état.. défaite des rêves qu’ils ne rêveraient pas.. Regarde.. regarde.. tout ce métal est devant toi, orné fardé soudé à ses étoiles.. et en bas.. le vide à trois étages.. ce phare, ce tapis, regarde, ce paysage.. c’est de la poussière d’images, du passé en nage, du bruit qui s’enclave, là, crié sous mes mille phrases.. tu le sais, qui sourdent, culminent, éclatent..

Regarde, ma pire page..

jeremy