Les cauchemars orgastiques

 

cauchemar-orgastique

 

Des capitans gluants dilués dans ces volutes de sang… Vous précisez l’art où croupit la douce folie, ces caponnières fatidiques à travers lesquelles errent ces spectres littéraires, ces bourdonnements incessants et ce qui ne point jamais : l’accalmie… Au bout de la nuit, acculés dans l’obscurité de nos pensées angustiées, notre déréliction et ses éclats angariés dilapident l’émotion en des cauchemars orgastiques… La lave salivaire achève ses rigoles sur les cratères purulents de nos lèvres lasses. Les yeux gonflés et gavés de lavasse, la gorge asséchée et vibrante de rage..

Contondant nos pensées à l’orée des rayons naissants, suintant de pétasse, le passage ardent se dilate et engouffre nos tourments en des braises sifflantes.. Plus rien ne sera plat, neutre, apaisant. Plus rien. Les mots s’affûtent, culbutent dans ces délires sinueux et térébrants… Ce qui tire son origine des entrailles est sulfureux, pétarades délicates, monodies poétiques et mogigraphies tragiques… Les métaphrases vaines et leurs saintes odeurs… idéations douloureuses et honteuses, on se sent mystique et capricieux quand s’agriffent et s’agitent furieusement cet acharnement.. ces entrelacs échevelés qui aspirent, attisent les douleurs et les rendent si matérielles et putrides.

C’est la vie qui fait ce qu’elle a toujours fait, et vos doigts qui espèrent, mais finissent fatalement dans le chambardement le plus total, dans l’apex corrosif de vos tourments.. Mec, le mauvais surréalisme s’empare aisément de nos vies et confère à nos nuits l’improbable sceau, l’infinie nausée. Qu’ils comprennent, si ces sales pensées filent irradier d’autres lieux, elles ne se dénaturent pas, elles suintent sensiblement cette unique volubilité et sa vaticination, l’ignoble tumescence truculente que des nuits rétives imprégnées de verdeur viennent éprouver…

Je ne me délesterai pas de nos petites incongruités, entre inconnus, et si de ces sensations surgit l’allégresse, ces orgasmes jaculatoires, pis si ces peines et cette impéritie abîment vos regards innocents, c’est que l’humeur s’écoule et embrasse le sang dans des univers que je ne distingue plus vraiment.. dont l’emprise est physique, morale, inconsciente et terriblement échauffante.. Ma gueule bercée par vos horions finit dans la grandiloquence malhabile, erre pesamment sur les brisées. Foutriquet, disert, pis comme il disait, la chaleur émétisante que la plume communique.. qui balbutiait, s’effeuillait et succombait dans l’abîme de ces regards ombrageux.. fignole dorénavant, fond.. ardente à les rendre illusoires, le poison délicieux qui condamne à écrire les yeux embués… par le feu..

 

jeremy
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