Nos abbatis..

abattis

 

C’est le romantisme terrible, trouble lyrique livide.. orémus carapatés, abattis frelatés.. abcès de fixation, l’infime chuchote.. qu’on se le dise, l’infime garrotte.. Bâtonnés, onctueuses victimes de ces bêcheurs, de ces étrons adamantins.. pour vous, ma maigre plume.. foudroyant cette étrange page.. abréaction… et ses volutes de rage… livrées brutes amères, prenez, c’est notre poison…
Acharnement brusque, giclée de pendards ! spumeuse, cris en tapinois ! Bâfrez l’absoute en gorgées pétulantes, régalade purulente !! qu’on sera pas toujours avec notre plume et ses tremblements.. Songe-creux, tout en captivité, encager l’enragé.. qu’à la première tribune, la première écritoire, aspersion ahurie, procession qui lambine, labile, libelle en doux vacarme et sa lavasse de folie..
Que la guerre commence toujours dans un silence.. que le casus belli se tourmente sur ces pauvres langues.. râle, s’agite, hystérique, se lovant dans ses clystères baveux, crâne, chafouin, pis caustique, capiteux, confondant, cinglant les cellules, clap clap clap ! Le doux murmure de la mort, violence délectable coruscante, canule l’esprit et libère la bête..
Entéléchie salvatrice, salves hypnotiques, l’humanité chiale et voit son sens fondre dans les miasmes de la rage.. Hère aux poches emplies de rêve, l’espoir lacéré !
Les gémonies au bout de la nuit, c’est le grand voyage, la gueule peinturlurée de pétasse.. ampoulée et fin prête pour le grand brassage ! Tu les vois, là, anicroche pédante, susurrer leur ode maléfique, ânnoner cet effarement.. cernes mouvantes, idiome pâmant, appétence turbulente ! Laissez le souffre s’emparer de vos voix, accorte folie, et joignez-vous au voyage ! Qu’on est seul, lépreux, immolé par de troublantes visions.. qu’on s’arrache les tripes, qu’on lit, qu’on lit, qu’on écorche les mots, Qu’Sartre reste pamphlétaire merdeux, qu’on souille, avorte, gruge, bride échaudée qui engonce le courage ! Que la littérature perd peu à peu ses secrets, que la mécanique irrite, pis boutefeu orgastique, délivre la petite musique.. Ferdine en tête de file, que le reste sert quand même.. peu.. mais charrie sa petite lumière.. qu’à l’immortalité, ça fleure l’amalgamation de pensées bien soignées, d’images fébrilement touchées ! Qu’on revendique l’ignoble lie, l’aquosité, la course à l’abîme !
On exècre le carnage d’égotismes, leurs manières altières, ces regards et leurs dards de misère ! Joignez vos efforts, qu’ils numérotent leurs abattis, c’est la litanie dont on ne revient pas, les illusions vibratoires et des nuits d’acharnement, fixation explosive, parcourir nos fameuses lignes, pis les gueuler, Flaubert tout affamé..

Tout affamé..

 

jeremy
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