Elle regardait l'horizon..

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Elle regardait l’horizon comme on salive dans un orgasme, les pupilles soudainement étrangères.. le corps qui répond plus de rien.. du haut de ses murs charbonnés, elle tendait son délicat regard.. sa petite bouche à sensation, sa salive magnifique, ses ganglions épouvantables où s’appesantissaient ses petits plaisirs.. ses lèvres hérétiques sur lesquelles roulaient.. roulaient les effluves de son désir.. sa pluie d’atours et leur lustre maléfique… et ses appas.. mon Dieu.. une colonnade de pâmoisons.. lorette.. gourmandise.. qui lichait l’orgasme comme une boisson.. ondée.. Elle guignait le gouffre de la liberté en s’enferrant dans ses bras.. lui, dont elle ne voulait plus.. dans une pure fulgurance, son amour son désir son orgasme avaient dévalé ces longs escaliers pour ne laisser que le bruit assourdissant d’une porte qui claque.. un homme qui rentre de sa besogne, et souhaite retrouver les mêmes caresses, ces sales caresses, qui ont perdu leur saveur sans qu’il qu’elle ne s’en aperçoivent.. l’amour mécanique, dont les rouages s’activent lorsque vient la nuit.. quand la chambre s’engouffre dans le noir et dans les premiers grincements..d’un lit usagé las bafoué ! et puis rien.. le silence, cet habituel silence.. qui fait suite à ces mêmes mouvements, ces mêmes éructations! délirantes! qu’il ne nous reste plus que les rêves pour rêver.. plus que ces absences pour aimer.. alors elle r’gardait l’horizon, comme vous le savez. Mais lui l’ignorait. L’insipidité avait achever son oeuvre, les emmurer vivants dans le cadavre de l’amour.. et ses miasmes, quels miasmes ! progressaient… rabrouaient leurs mains tremblotantes.. cette sueur délicieuse qui s’écoule sur les peaux les plus ardentes.. mais qu’est plus qu’une lavasse.. qu’on s’empresse d’essuyer.. on s’engoue plus.. les réminiscences de ces joies devenues inconnues érodent bien sagement nos petits orgasmes bien convenus.. qu’on émet comme on bouffe un cachet, en engouffrant ses effets dans nos entrailles effarouchées..tout en regardant l’horizon.. ce crasseux poison dont leur couple ne s’est jamais soucié.. cet ailleurs qui accapare nos petits espoirs.. trouver ce qu’on a pas cherché..

jeremy
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